PRÉSENTATION DE GUYSEIKA
Guyseika commence à peindre peu après son bac et part vivre à Londres l’année suivante dans l’idée d’y trouver une terre propice à ses recherches artistiques. Entre l’effervescence électronique des clubs, les ultimes raves de la capitales anglaises et les petits boulots de barman ou jardinier, il étudie à la Central St-Martins School of Art, écrit ses premiers textes et participe à ses premières expos dans des lieux squattés, des bars et des galeries. C’est aussi à Londres, influencé par les souvenirs du Vietnam de sa grand-mère, qu’il commence à se pencher sur l’Asie et à pratiquer le qi-gong.
Après quatre années passées dans la capitale anglaise il emménage à Paris où il bosse sur les mangas pendant deux ans aux éditions Glénat. C’est à cette période qu’il rencontre le Zen au Dojo de Paris avant de prendre le chemin de l’Amérique Centrale en 1997. Il y travaille dans une réserve naturelle et sillonne le Mexique et le Guatemala pendant cinq mois. Là, il entretient des carnets où s’entremêlent poèmes et dessins, une formule qu’il déclinera plus tard sous la forme de recueils auto-produits (comme Poésie terroriste, Sauvagerie Production 2015).
A son retour en 1998, il se plonge dans la pratique du bouddhisme zen auprès du moine Philippe ReiRyu Coupey, dans la lignée du japonais Taisen Deshimaru. Au fil des ans il s’emploie avec lui à l’élaboration de plusieurs de ses ouvrages (Zen simple assise (Désiris 2009), Zen d’Aujourd’hui (Le Relié, 2014), Les 10 taureaux du zen (Sauvagerie Production 2020), et il écrit Minuit est la vraie lumière (L’Eveil, 2023), la biographie de Philippe produite à partir d’entretiens. Il illustre de ses dessins le livre Ryôkan, moine du ciel (Les Deux Océans) de D. Blain en 2017.
Depuis 2005 il vit en Bretagne où, sensible aux luttes socio-environnementales, il s’engage sur la ZAD de NDDL et aux Ateliers de Bitche (Il est l’un des créateurs du festival d’édition underground BiB (Bonne Impression à Bitche) et curateur des expos associées). Il séjourne aussi régulièrement en Asie dans le cadre de résidences d’artistes. En effet, peinture, dessin à l’encre sur papier artisanal, écriture (Sept chemins sauvages, L’Originel 2021, Ikkyu, un rebelle zen, L’Originel 2025), mais aussi musique (le groupe Eka Faune sur le label Akuphone), sont autant de moyens qu’il utilise pour re-visiter les cultures premières et d’Asie et en approfondir sa compréhension. Il les confronte à notre cadre culturel afin d’interroger nos cosmogonies et s’écarter d’un récit euro-centré. A l’instar de Descola ou Nastassja Martin, il lui tient à coeur d’explorer d’autres ontologies pour imaginer de nouvelles manières d’être au monde. S’inscrivant dans l’élan traditionnel du bouddhisme à voyager et à fusionner avec les cultures qu’il rencontre, il rejette dans son approche tout soupçon d’appropriation culturelle.
Guyseika s’intéresse également aux modes de productions liés à des régions biologiques particulières. Papier artisanal, couleurs végétales, teintures, mais aussi, étant donné le cadre urbain dans lequel il vit généralement, récupération et recyclage, l’important étant d’entrer en résonance avec son environnement et de s’adapter aux différentes possibilités que lui offre chaque instant. Il s’agit d’intégrer un projet artistique plus large de redécouverte des écosystèmes qui nous accueillent et d’autonomie maximum dans un monde industrialisé et numérisé. Ainsi ses productions varient selon les supports rencontrés. Peinture, musique, écriture, c’est sous la forme de publications artisanales ou de soirées qu’il tente de réunir ces différents modes d’expression sous l’égide de l’association Sauvagerie Production. Influencé par l’approche des Bâuls du Bengale et les Spiral Tribe, il tente de développer un art nomade, intuitif et profond, technologiquement léger et proche des populations...
Si son approche du zen est influencée par son parcours dans les milieux alternatifs, il a reçu l’ordination de moine zen en 2002 et a été responsable du Dojo Zen de Nantes de 2016 à 2020. Il a reçu la certification de son maître de zen, Philippe Coupey en 2021 et aujourd’hui il accompagne régulièrement des zazen à Lorient et des retraites en France et parfois à l’étranger.
D’une manière générale, Guyseika s’identifie à un troubadour à l’atelier fluctuant, et il travaille là où il est avec les matériaux qu’il a sous la main.
Vous pourrez lire un petit texte sur l’art zen dans le blog...
Ici, «Sauvage», une vidéo de la réalisatrice
Thiephaine Rivet sur Guyseika : Sauvage vidéo
• Presentation of guyseika’s work in english.pdf
(biography, interviews, notes)